29 novembre 2008
les reliques de Saint Fursy
Les reliques furent donc un sujet de conflit important entre le duc Haimon, Erchinoald et Berchaire, le comte de Laon.
Ce dernier prétendit que Fursy avait reçu de nombreuses terres dans le laonnois mais n’avait jamais pu s’y rendre puisque le maire du palais de Neustrie l’en avait empêché.
Il est évident que la possession des reliques ou d’un lieu de pèlerinage ayant des retombées économiques importantes a pu favoriser un tel attachement à un simple moine.
Pour preuve, Erchinoald se dépêcha de terminer la construction de l’église de Péronne pour y accueillir les restes de saint Fursy. On retrouve dans les virtutes le thème connu du corps déposé dans un char tiré par des bœufs et lancé au hasard.
Néanmoins, l'épisode du char tiré par les boeufs fut interpreté comme le jugement de Dieu. Il avait déjà utilisé pour saint Ronan en Armorique au VI°s,.
Bref, tout cela joua en faveur de Péronne.
02 novembre 2008
L'abbé André Dauthuille un grand admirateur de Saint Fursy
L'abbé André Dauthuile était un prêtre de la Somme. D'abord aumônier militaire en Indochine, il rejoignit sa région d'origine pour y continuer son ministère de prêtre.
Rapidement, il rencontra St Fursy très présent dans les paroisses de la Somme.
Il fut notamment vicaire à Péronne, une ville importante dans le vie de St Fursy, puis curé à Gueschart dans la belle église St Fursy.
Il a durant une bonne partie de sa vie, accumulé des éléments sur le passage de Saint Fursy dans le département de la Somme.
Il me racontait qu'une source miraculeuse avait été mis au jour à Gueschart durant un de ses voyages.
C'était aussi un radio amateur passionné, il communiquait avec des personnes du monde entier à des grandes antennes qu'il avait fait poser sur le toit du presbytère. Il aurait certainement été passionné par internet.
Ce site est dédié à l'abbé André Dauthuile, le curé de mon enfance, mort le 16 Janvier 1977, en la fête de Saint Fursy.
14 octobre 2008
La légende des boeufs
La mort du saint fut riche en péripéties relatées par les vitae et les virtutes. Ces virtutes, œuvre d’un moine de Péronne qui vécut un siècle et demi après les faits, ne sont pas sans une certaine partialité en faveur de ce monastère.
Outre le lieu ou la date de la mort de Fursy, la translation des reliques du saint fut objet de controverses. Ce dernier serait mort vers 650 à Macerias, près de Frohen, sur la route des îles britanniques .
C’est en voulant revoir ses frères que celui ci serait mort en route.
Le lieu de son décès pouvant avoir des conséquences sur l’attribution de ses reliques ou l’emplacement de sa tombe, les propositions ont fusé et des disputes ont éclaté entre des puissants qui voulaient bénéficier de la proximité du saint.
Dans l'église St-Jean-Baptiste de Péronne, dans la chapelle de droite, vous verrez St-Fursy entouré de deux bœufs : En voici l'explication : à sa mort survenue le 16 janvier 650, les seigneurs de Péronne et Mézerolles se disputaient sa dépouille.
Pour trancher, on la mit sur un chariot tiré par deux bœufs, puis par des enfants.
Et là où le convoi s'arrêterait, on y enterrerait St-Fursy. Le convoi s'arrêta au Mont des cygnes (Tribunal actuel). En fait, d'après la légende, l'essieu de la charrette était faussé.
11 octobre 2008
Saint Fursy : combat entre l'Ange et le démon
Saint Fursy était évêque et Bède * passe pour avoir écrit sa vie.
Il était parvenu à un haut degré de vertus et de bonté lorsque sa fin approcha
et qu'il rendit l’esprit. Il vit alors deux anges venir à lui pour emporter son
âme; il en distingua un troisième qui marchait en avant, armé d'un bouclier
éclatant de blancheur et d'un glaive flamboyant; ensuite il entendit les démons
crier : « Allons en avant et suscitons des combats en sa présence. »
Ils
s'avancèrent donc, et en se retournant, ils lancèrent contre Fursy des traits enflammés ; mais l’ange, qui allait en
avant, les recevait sur son bouclier et en éteignait la flamme aussitôt.
Alors
les démons qui s'opposaient aux anges parlèrent ainsi : « Souvent il disait des
paroles oiseuses, en conséquence, il ne doit pas, sans avoir été puni, jouir de
la vie éternelle. »
L'ange leur dit : « Si vous ne faites valoir contre lui des
vices de premier ordre, il ne périra pas pour ceux qui sont de minime
importance. »
Alors le démon reprit: « Si Dieu est juste, cet homme ne sera pas
sauvé : car il est écrit (Math., XVIII) « Si vous ne vous convertissez et si
vous ne devenez comme de petits enfants; vous n'entrerez point dans le royaume
des cieux. »
L'ange dit pour l’excuser « Il savait cela au fond du coeur; mais
les pratiques des hommes lui firent garder le silence.. »
Le démon lui répondit:
« Puisqu'il fit le mal en cédant à l’usage, qu'il subisse donc les effets de la
vengeance du souverain juge. »
Le saint ange dit : « Eh bien ! portons l’affaire
au jugement de Dieu. »
Quand la lutte fut engagée, les adversaires des anges
furent écrasés. Alors le démon dit : « Le serviteur qui aura connu la volonté de
son maître et qui n'aura point exécuté ses ordres, sera battu de plusieurs coups
» (Luc, XII). (108) L'ange lui répliqua: « En quoi donc cet homme a-t-il manqué
à accomplir la volonté de son maître ? » « Il a reçu des dons de la main des
méchants », dit le démon. L'ange lui répondit : « Il a cru que chacun d'eux
avait fait pénitence. » Le démon reprit : « Il devait auparavant s'assurer
qu'ils avaient persévéré dans leur pénitence, et alors recevoir les fruits
qu'elle produisait. » L'ange répondit : « Portons l’affaire au tribunal de Dieu.
»
Mais le démon succomba. Celui-ci suscita une nouvelle lutte et dit : «
Jusqu'alors je redoutais la véracité de Dieu qui a promis de punir pour
l’éternité tout péché qui n'est point expié sur la terre. Or, cet homme a reçu
un vêtement d'un usurier, et il n'en a point été puni ; où donc est la justice
de Dieu? »
L'ange répliqua : « Taisez-vous, car vous ne connaissez point les
secrets jugements de Dieu. Tant que la miséricorde divine espère des actes de
pénitence de la part d'un homme, elle ne l’abandonne pas. »
Le démon répondit :
« Mais ici il n'y a aucun vestige de pénitence. »
« Vous ignorez, reprit l’ange,
la profondeur des jugements de Dieu. » Alors le diable frappa Fursy avec une telle force que par la suite, quand il fut
revenu à la vie, il porta toujours la marque du coup : car les démons avaient
saisi un de ceux qu'ils tourmentaient dans les flammes et le jetèrent sur Fursy, dont l’épaule et la joue furent brulées.
Or, le saint
reconnut que c'était l’homme dont il avait reçu le vêtement.
Alors l’ange dit :
« Ce que tu as embrasé te brule : car si tu n'avais pas accepté un présent de
cet homme qu'il n'a pas fait pénitence, tu n'aurais pas eu à endurer cette brulure. » Et il reçut ce (109) coup, par la permission de Dieu, pour avoir
accepté ce vêtement. Mais alors un autre démon dit : « Il lui reste encore une
porte étroite où nous pourrons le. vaincre: « Vous aimerez le prochain comme
vous-même. »
L'ange répondit : « Cet homme a fait du bien à son prochain. »
L'adversaire reprit : « Cela ne suffit pas, s'il ne l’a encore aimé comme
soi-même. »
L'ange lui dit : « Le fruit de la charité, c'est de bien faire ; car
Dieu rendra à chacun selon ses oeuvres. »
Et le démon reprit: « Mais pour
n'avoir pas accompli le commandement de l’amour, il sera damné. » Dans ce combat
avec l’infernale troupe, les saints anges furent vainqueurs.
Le démon dit encore
: « Si Dieu n'est pas injuste, et si la violation de sa loi lui déplaît, cet
homme ne manquera pas d'être puni : car il a promis de renoncer au monde, et, au
contraire, il a aimé le monde, malgré ce qui a été dit (Jean, I, 2) «N'aimez
point le monde, ni ce qui est dans le monde.»
Le saint ange répondit : « Il
n'aima pas les biens du monde, mais il aima à les distribuer aux indigents. »
Le
diable répliqua: « De quelque manière qu'on l’aime, c'est contraire au précepte
divin. »
Les adversaires ayant été confondus, le diable revint à là charge avec
des accusations astucieuses : « Il est écrit, dit-il : « Si vous ne faites pas
connaître au méchant son iniquité, je vous redemanderai son sang.» (Ezéch., II). Or, cet homme n'a pas annoncé, comme il le
devait, aux pécheurs, de faire pénitence. »
Le saint ange répondit: « Quand les
auditeurs méprisent la parole de Dieu, la langue du prédicateur est liée,
puisqu'il voit que les paroles qu'il a fait entendre sont méprisées. (110) C'est
donc l’oeuvre de l’homme prudent de savoir se taire, quand il n'est pas temps de
parler. »
Dans toutes les circonstances de ce débat, la lutte fut excessivement
vive, jusqu'à ce qu'enfin, d'après le jugement du Seigneur, les anges ayant
triomphé et les ennemis ayant été vaincus, le saint homme fut environné d'une
immense clarté.
Bède ajoute encore qu'un des anges dit à saint Fursy: « Regardez le monde. » Et il regarda, et il vit une
vallée ténébreuse et en l’air quatre feux placés à une certaine distance l’un de
l’autre.
Alors l’ange lui dit : « Ce sont les quatre feux qui embrasent le
monde. Le premier, c'est le feu du mensonge. Par là les hommes n'accomplissent
en aucune manière la promesse qu'ils ont faite de renoncer au diable et à .
toutes ses pompes. Le second, c'est le feu de la cupidité, qui fait préférer les
richesses du monde à l’amour des choses du ciel. Le troisième, c'est le feu de
la dissension, qui engage à ne craindre pas de blesser l’esprit du prochain par
des vanités. Le quatrième, c'est le feu de la cruauté, on compte alors pour rien
de dépouiller les faibles et de leur faire tort»
Bientôt ces feux qui se
rapprochaient n'en firent plus qu'un et s'avancèrent sur lui.
Il en fut effrayé
et dit à l’ange : « Seigneur, ce feu s'approche de moi. »
L'ange lui répondit «
Ce que tu n'as pas allumé ne brulera pas en toi; car ce feu traite chaque homme
selon ses mérites. En effet,, si le corps brule de voluptés illicites, il brulera aussi dans les châtiments.»
Enfin, saint Fursy fut ramené dans son propre corps en présence de ses proches qui le pleuraient, en le croyant mort. Or, il survécut encore quelque temps et finit sa vie dans la pratique des bonnes oeuvres.
Référence : Histoire d'Angleterre, l. III, c. XIX. — La vision est rapportée dans la Chronique d'Hélinand, an 645.
05 octobre 2008
Saint Fursy en France
Fursy, remplacé par ses deux jeunes frères Ultan et Foillan (Ultain et Foislain ), débarqua à Quentovic (Etaples) vers 639.
Le voyage à Rome que l’on trouve fréquemment dans les vies de saints de l’époque carolingienne n’a surement jamais eu lieu car ni la Vita prima, ni Bède n’en parlent.
Il devint l'ami d'Archambaud, maire du palais et seigneur de Péronne, par don de Clovis II, dont il baptisa son fils. Il eut des rapports avec Erchinoald qui lui demanda de baptiser son fils et Clovis II (636-657), qui l’autorisa à fonder un monastère sur une terre de Neustrie. Fursy choisit la localité de Latiniacum, Lagny en Brie dans la Marne. Il y bâtit trois chapelles dans un monastère qui avait tout lieu d’être un Monasterium Scottorum. Fursy quitta donc Péronne pour créer l'abbaye de Lagny, vers 648. C'est là qu'il aurait ressuscité un jeune noble, fils du comte Aimont (Aymon, Aymont) : c'est son miracle le plus connu.
Bède le Vénérable a écrit sur lui plus que sur n'importe quel saint homme, à l'exception d'Aidan. Bède narre les nombreuses transes extatiques de Fursy, durant lesquelles il avait la vision d'une effroyable lutte du bien et du mal, entre ciel et enfer. Ces "visions de Fursy" ont beaucoup influencé Dante, lors de ses travaux qur la Divine Comédie.
Archambaud n'ayant pas supporté l'éloignement de son ami et lui demanda de fonder un monastère à proximité de Péronne. C'est ainsi que Fursy fonda l'abbaye du Mont-Saint-Quentin, avec ses frères Foislain et Ultain. C'est Saint Eloi qui consacra ce monastère qui plus tard reçu Pierre l'Ermite avant la première croisade. Après la mort de Saint Fursy, le monastère créé au Mont Saint Quentin prit le nom de "Monastère écossais". Nom découlant de la grande quantité d'Ecossais et d'Irlandais qui venaient se recueillir sur le tombeau du Saint.
03 septembre 2008
Saint Fursy en Angleterre
Dans le début des années 630, Fursy débarqua en Angleterre, dans l’East Anglia où régnait le roi Sigebert et au moment où ce dernier encourageait le travail d'évangélisation de Félix de Dunwich. Le roi leur céda une vieille forteresse à Cnobheresburg (Burgh Castle, Suffolk) et des domaines alentour pour y bâtir un monastère. Le roi céda à Fursy une terre sur laquelle il bâtit un monastère, près d'Ugremouth. Il aurait, selon la coutume irlandaise, amené avec lui les reliques de Brendan, de Beonan et de Meldan.
Chargé également de livres et d’objets de culte, il évangélisa le paysan dont le roi Sigebert, déjà chrétien, finirait moine à la fin de sa vie.
Fursy serait le fils de Fintan, fils du roi de Munster, et de Gelgehes, fille d’un chef de clan au sujet de Cluain Fearta : Vita Secunda ; éd. Colgan, Acta Sanctorum Hiberniae, Louvain, 1645, VII. R.P. Bénédictins de Paris : Vies de Saints, op. cit. Fursy, 16 jan : p.329/331.
Durant ce temps il fit le tour des peuples de l’Irlande en vagabondant, prêchant et exorcisant. Vita Fursei (ou Vita Prima): MGH. SRM., éd. B. Krusch, t IV, p. 436
Les reliques sont également conçues comme des réservoirs de courage et d’esprit saint dans lesquels leurs porteurs puisaient des forces dans leur pérégrinations. Il ne faut pas oublier que la plupart d’entre eux se déplaçaient toujours à pieds.
Durant les dernières années de son séjour en Angleterre, Fursy s’était retiré dans une grotte pendant un an avec son frère Ultan qui préférait l’anachorèse.
Il se rendit ensuite en France.
02 septembre 2008
Sa naissance en Irlande
Issu d’une famille noble, Fursey (Fursy, Furcy), dont le nom signifie vertu, suivit son éducation au sein du monastère de Cuain Fearta.
Après un parcours obscur à travers l’Irlande durant dix ans au cours duquel il se fit beaucoup d’ennemis, il fonda l'abbaye de Rathmat (aujourd'hui Killursa).
Puis, il prit la mer pour rejoindre la Grande Bretagne.
Pour le cas de Fursy, la mésentente avec son milieu social ne peut seule suffire à expliquer sa rupture avec la terre qui l’a vu naître.
La vita prima le dit baptisé par le célèbre Brendan, ce saint que la légende transformera en voyageur légendaire, le lien est habile pour le montrer désireux de s’exiler sans espoir de retour pour l’amour du Christ et la guérison de son âme.
31 août 2008
Saint Fursy est un saint catholique né vers 567,
...sur l'île d'Inisquin, Lough Corrib, en Irlande et
est mort à Mézerolles, France vers 648.
Credo
Son nom Fursey, Fursy ou Furcy,, signifie
vertu.
Fête le 16 janvier.
Frère missionnaire bénédictin, il descend de
familles princières : son père Fintan est fils du roi de Munster, et sa mère,
Gelgehes, est la fille d’un chef de clan irlandais. Il est le frère de deux
autres saints missionnaires Feuillen et Ultan.
Saint Fursy est le patron
de Péronne, de Lagny-sur-Marne, et de sept paroisses dans le diocèse
d'Amiens dont Gueschart dans la Somme où cette photographie a été prise.
